Beaucoup de dirigeants achètent des licences, les distribuent, et attendent le gain de productivité. Il ne vient pas. Ce n'est pas une impression : c'est ce que mesurent les études les plus sérieuses sur le sujet.
En s'appuyant sur les registres administratifs danois, deux économistes ont suivi 25 000 salariés dans 7 000 entreprises, sur onze métiers parmi les plus exposés à l'IA. Résultat : les utilisateurs déclarent une économie moyenne de 2,8 % de leurs heures de travail. Sur l'ensemble d'une économie, une autre étude portant sur plus de 10 000 répondants aboutit à 1,4 % des heures totales.
Ces chiffres sont très loin des promesses commerciales. Et l'explication tient en une phrase, donnée par l'étude elle-même : ce qui manque, c'est « l'encouragement de l'employeur et les investissements complémentaires ». Traduit simplement : personne n'a repensé le travail autour de l'outil, personne n'a formé les équipes, personne n'a dit qui valide quoi.
L'outil n'est donc pas le projet. Le projet, c'est le travail autour de l'outil. Un professionnel équipé mais non formé reste un professionnel non productif.